L’histoire débute par la vente de la peau d’une jeune fille,
enveloppe charnelle d’une blancheur et d’une perfection exceptionnelle.
L’acheteur est un collectionneur richissime d’un genre un peu particulier
puisque sa passion se focalise sur des « objets » tous plus morbides
les uns que les autres.
Je n’en révèlerai pas davantage car je tiens à conserver le
suspens.
J’ai lu le roman avec beaucoup de plaisir. Il n’y a pas de
temps mort, les actions s’enchaînent et, je dirais, se déchaînent à un rythme
de plus en plus soutenu. Les scènes sanglantes et de sexe sont nombreuses et
plutôt « brut de décoffrage », donc âmes sensibles s’abstenir ! Cependant,
il y a également des passages pleins de charme comme celui où les livres de la
bibliothèque prennent de vie. Personnellement, je n’ai pas été choquée car les personnages
incitent à lire l’histoire au second degré.
Et justement, parlons d’eux :
Cheverny, le collectionneur, aussi étrange que pervers. Il
est littéralement obsédé par la mort et pourrait se contenter de faire
l’acquisition d’objets d’art mais il préfère nettement les véritables cadavres
dans ce qu’ils ont de plus cru. Rien ne semble l’arrêter. Sa moralité parait
inexistante et, d’une certaine manière, elle l’est. Bien qu’il soit très tourné
vers sa petite personne, il n'est paradoxalement pas aussi égoïste que cela puisqu’il
sauve Jad (dont je vais parler ci-dessous). C’est un personnage complexe,
capable du pire comme du meilleur. Son insensibilité est-elle un vernis ou une
réalité ? Au lecteur de se faire sa propre opinion…
Jad, une jeune gothique mystérieuse dotée d’un don très
spécial. Elle est fragile en raison de son passé douloureux et très forte
finalement. Plus sans doute que tous les autres qui paraissent pourtant satisfaits
d’eux-mêmes. Jad, elle, rêve d’une vie meilleure mais sans se décider à
changer. Elle se laisse porter par les événements comme si elle n’avait pas
vraiment la possibilité de forcer le destin. Elle est touchante par sa grande
sensibilité et le lecteur s’y attache aussitôt.
Maddalena et son fils-amant Joyeux, deux êtres
particulièrement vicieux. Ce sont eux les grands méchants de l’histoire. Elle
est une sorcière qui vit depuis plusieurs siècles et cherche à… non, je ne vous
le dirais pas ! Son fils est le fruit d’un inceste et son état mental
démontre une déchéance absolue. Le fait qu’ils soient caricaturaux permet au
lecteur d’accepter plus aisément leurs actes répugnants. Comme je l'écrivais
plus haut, c’est du second degré !
Pour conclure ? Eh bien, "Angemort" est assez
différent des autres textes de Sire Cédric car plus fantastique. Il y a de la
magie, mais une magie « fantasy », plus spectaculaire. De même, on y
trouve de l’humour (très noir, cela va sans dire !). Bref, un bon roman
pour les amateurs de gore.

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